Accepter ce que nous sommes

Retrouver le sauvage en soi est un processus qui part de l’acceptation d’un fait : nous sommes des animaux. Objectivement. Avec leurs spécificités, comme chaque espèce a les siennes, mais des animaux tout de même.

Cette acceptation devrait être évidente mais ne l’est pas. En ce sens, le langage est révélateur. Quand on parle des animaux, quand on dit « J’adore les animaux ! », combien d’entre nous incluent mentalement les humains dans le lot ? Peu. Dans ce cas, ne devrait-on pas distinguer d’un côté les animaux humains, et de l’autre les animaux non-humains ? Non, car le langage entérine notre vision du monde : nous ne faisons plus partie de cette catégorie. Nous sommes bien au-delà des animaux. Nous leur sommes tellement supérieurs.

Bien des gens sont interloqués, voire offensés quand on rappelle que nous sommes avant tout des primates, comme si le mot lui-même nous renvoyait à une barbarie fantasmée et bien utile pour ne pas interroger notre passé ni notre génome.

Acceptons ce que nous sommes. Animaux, vertébrés, primates, derniers représentants du genre Homo après que se soient éteintes une quinzaine d’autres espèces de notre famille.

Faire la paix avec notre nature animale n’est pas rompre avec notre idéal humain. C’est faire taire le conflit qui nous déchire intérieurement depuis des siècles et nous pousse à vouloir asservir tous les « autres que nous ». Cette guerre est sans fin. Car si « je est un autre », j’aurai toujours un ennemi à qui m’en prendre, fut-il intérieur. Vivre sans ennemi commence par ne pas avoir peur de soi.

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